Le 1er Mai jour de la fête des gardians aura lieu une élection celle de la XX° Reine d’Arles et de ses demoiselles d’honneurs.
Cette année 19 candidates âgées entre 18 et 24 ans et remplissant certaines conditions se sont présentées, parmi elles une jeune fille Johanna BAGARELLI, dont voici le portrait et ses impressions.
- Magali : Johanna peux tu te présenter
-Johanna : Je suis une jeune fille de 21 ans comme les autres, ou presque, puisque dans ma penderie à coté de mes tenues modernes, dorment de jolies robes de soie. J’ai choisi de faire vivre le costume traditionnel arlésien. Ce n’est pas la seule passion qui anime mon quotidien, au premier plan on trouverait la cuisine, et l’invention de nouvelles recettes, vrai moyen d’expression, ainsi que l’herborisme. Véritable enfant des années 90 je n’ai pas échappé à l’addiction aux jeux vidéos, ni à l’emprise d’une souris américaine. En ce qui concerne la musique, je suis assez électrique, et marche par période et par coup de cœur, en ce moment mon lecteur mp3 joue beaucoup de Sinatra et les premiers accords d’Elvis. La danse est pour moi très importante, le rugby, ou encore le handball. Ma présentation ne serait pas complète si je ne parlais pas de mon goût pour les voyages, de la rencontre avec les autres, de l’échange … « découvrir » semble être le verbe qui conduit ma vie.
- Magali : Depuis quand portes tu le costume
-Johanna :j ’ai arboré fièrement mes cornettes ( la coiffe de la Mirèio ) pour la première fois à l’âge de trois ans pour la pegoulado en 1989, participer à cette fête est par la suite devenu une habitude, ainsi toutes les années l’hiver était animé par la confection du costume que j’allais porter à cette occasion, d’année en année de plus en plus conforme aux traditions.
- Magali : Parles moi de l’Escolo Mistralenco
-Johanna : J’intègre l’Escolo Mistralenco à pas feutrés … sans véritablement me faire remarquer alors que je n’avais pas encore 15 ans, intimidée par les dames dont j’avais si souvent entendu parler, et qui étaient là, dans la même « corporation » que moi, vous ne pouvez pas vous imaginer la sensation quand on est enfant d’être associée à ces personnes … Sabine Mistral qui était alors reine d’Arles, Florence et Sandrine ses demoiselles d’honneurs, Nathalie Guérin du 15ème règne… j’étais aux anges…
Petit à petit j’ai fait connaissance avec les autres jeunes filles du groupe, notamment Élodie Bretagne, Emeline Enjalbert, on mène une adolescence de rêve où les échanges folkloriques avec d’autres groupes nous permettent de voyager, et d’apprendre les vraies valeurs de la vie.
- Magali : La prise du ruban
-Johanna : C’est lors d’une célébration de la fête du costume, qu’une personne en costume m’aborde, elle est de ma famille, et à cause des aléas de la vie, les choses ont fait que ne nous ne nous étions jamais rencontrées, aujourd’hui une passion nous réunissait, et allait nous rapprocher à jamais. Quelques temps plus tard elle devenait ma marraine de ruban aux saintes maries de la mer, cette célébration qui marque le passage des jeunes filles à l’âge adulte, et qui parallèlement leur permet d’assurer devant l’audience que jamais elles n’abandonneront ce costume.
- Magali : Comment t’es venu l’idée de te présenter à cette élection et que représente t’elle pour toi ?
-Johanna : Je n’ai pas vraiment eu de « déclic », ce n’est pas une lubie avec laquelle je me suis réveillée un de ces matins. Je me souviens avoir dit enfant à mon cousin Cédric Miralles qu’un jour quand on serait grand il gagnerait la Cocarde d’Or et que je lui remettrait en tant que reine d’Arles, à condition qu’il arrête d’essayer de me noyer dans la piscine ha ha ha, voyez comme déjà cette idée faisait partie de mon quotidien ! Les années ont passé, mon cousin a appris à manier le crochet, j’ai appris à plisser un fichu, j’ai envie de faire plaisir à l’enfant que j’étais. Cette élection n’est pas une finalité en soit, mais une étape dans ma vie d’arlésienne, quel qu’en soit le verdict du jury, il y aura eu un avant et un après.
- Magali : Quelles qualités pour toi faut il avoir pour être la Reine d’Arles
-Johanna : Chaque reine a eu son propre caractère, et un comportement qui a marqué l’histoire de notre « pays ». Il est certain qu’il faut être solide mentalement et physiquement, car ce sont trois années éprouvantes qui attendent sept d’entre nous. En ce qui me concerne je pense qu’une Reine doit être avant tout ouverte d’esprit, car elle est amenée à rencontrer des personnes qui partagent cet amour du costume, certes, mais aussi des gens totalement étrangers à nos traditions, envers qui elle ne devra pas se braquer s’ils ont des appréhensions et des préjugés.
De plus ce doit être une personne disponible et à l’écoute des gens qu’elle représente, en aucun cas elle ne doit se considérer comme supérieure à eux, je serais même tentée de la comparer à un délégué dans une entreprise !
- Magali : Tu prépare un concours dans la police nationale, si tu es élu comment penses tu concilier les deux .
-Johanna : J’ai effectivement orienté mes études vers l’intégration de la police nationale, pour laquelle j’ai passé un concours. En attendant le rendu des pré-sélections j’ai mis en suspend la possibilité que j’avais d’intégrer une école de police, pour ainsi être disponible durant cette période pré-sélective .
Si je suis sélectionnée j’envisagerai toujours d’intégrer la Police Nationale, mais en en tant qu’adjointe de sécurité, un poste emploi jeune qui à l’avantage d’assurer un poste dans le commissariat où l’on a postulé, et ceux juste après un petit séjour en école. Ainsi je devrai postuler dans le secteur du pays d’Arles.
Etre en treillis le jour et en costume le soir, cela n’est pour moi pas incompatible.
-Magali : Les épreuves approchent que ressens tu ?
-Johanna : Un peu de stress évidemment, dire le contraire serait mentir. Je n’ai surtout pas envie de décevoir les personnes qui croient en moi. Les idées se bousculent dans ma tête, vais-je convaincre le jury ? Comment en quelques épreuves leur démontrer que j’ai vraiment envie d’être reine, ou demoiselle d’honneur ? Si je n’incarne pas la reine qu’ils recherchent, penseront-ils à moi en tant que demoiselle ?
-Magali : Le choix du costume
-Johanna : Pour ces présélections mon costume n’est encore qu’un coupon de tissu dans mon placard ! Et ce n’est pas parce qu’on aime travailler dans l’urgence (avec ma maman, ma couturière attitrée !), mais plutôt parce que le choix fut difficile, je pense avoir enfin trouvé ce que je voulais et qui me correspond bien, des coloris simples, et une touche de modernité au niveau de la matière, je garde la surprise pour les connaisseurs ! Peut-être porterai-je quelque chose « porte-bonheur » à l’image du devant d’estomac que j’avais aux Bernacles, que je m’étais brodé toute seule comme une grande !
C’est le maire qui aura le privilège de présenter sur le balcons de l’hôtel de ville a toute la population d’Arles et les gardians, les jeunes filles qui succéderont Nathalie CHAY, la XX° Reine d’Arles et ses demoiselles d’honneurs pour un règne de 3 ans.
Le 19 et 20 avril auront lieu les épreuves de sélection, les candidates seront soumises à des épreuves concernant leurs connaissances en histoire, littératures, architectures, arts, traditions, langues provençale et les costumes du pays d’Arles. Sept finalistes seront retenues.
Bonne chance Johanna

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