Des mots sur le 11ème Festival du Film Taurin et Camarguais de Saint Géniès de Malgoires

Karine Vianès : Quelles sont tes impressions, à l'issue du festival auquel tu as participé, en faisant partie du Jury ?

 

Jacques MAURIN, Juge de Piste, membre du Trophée Taurin :

 

C'est la première fois que je fais partie du jury et je dois vous avouer que j'ai vraiment assuré cette responsabilité avec enthousiasme. Ne connaissant rien aux différentes techniques pointues de la vidéo, je me suis tout simplement laissé guider par mes ressentis émotionnels.

 

Etre jury est intéressant pour plusieurs raisons : la première, c’est que l’on vous fait entièrement confiance sur vos choix…..La deuxième, c’est un rôle important qui vous est attribué pour la durée du Festival….et la troisième, ce sont les échanges humains lors des délibérations ou chacun d’entre nous exprime avec ses mots, ses propres ressentis sur les films projetés….

 

Je n’ai pas grand-chose à dire sur le déroulement du Festival car je sais que le temps imparti aux différents films est compté, mais... Personnellement, j’aurai souhaité que notre FEDE et le Trophée Taurin s’investissent beaucoup plus, par leur présence sur scène surtout lorsqu’il y a un hommage à une personne comme Mr. Passereaux, des bious comme BARRAIE, ou un raseteur comme Mr. ALLOUANI. Cela donnerait une autre dimension de notre bouvine…. !

 

K.V. : Que retiens-tu des films amateurs proposés cette année ?

 

Jacques Maurin : Quelques films ont abordé cette année la flore et la faune, nous faisant palper des doigts les problèmes environnementaux liés à notre monde moderne. Ces films ne m’ont pas laissé insensible car ils nous renvoient inévitablement sur un questionnement très fort concernant l’avenir de notre Camargue bien sûr, mais aussi sur le devenir de notre planète Terre, ce qui nous amène bien au-delà du Festival de St. Géniès !

 

Puis d’autres beaucoup plus traditionnels, ancrés au cœur même de nos racines, expriment avec subtilité notre patrimoine culturel camarguais.

 

 

K.V. : Quel bilan faites-vous de cette onzième édition ? Quels ont été les temps forts de celui-ci selon vous ? 

 

François DE LUCA, réalisateur et organisateur du festival :

 

Encore une fois, une réussite totale à tous les niveaux. Le pari d'une troisième salle à remplir a été un succés, les films ont été de qualité, une organisation réglée comme une horloge, le beau temps a été au rendez-vous et le public d'une attention exceptionnelle durant ces 3 jours. Il y a eu beaucoup de moments remplis d'émotion, on pourrait citer le film de MAX MUNGER et LE 17, documentaire sur le taureau BARRAIE, et une grande ovation  pour AU-DELA DU RAZET en présence de SABRI ALLOUANI.

 

Je voudrait avoir une attention particulière pour tous les films amateurs présentés, qui sont porteurs de messages différents et très forts. Ces 3 jours...Que du bonheur pour moi !

 

Robert FELINE, Président de l'UTCPR :

 

l'Union Taurine, orpheline de ses arènes, peut-être satisfaite de pouvoir attirer autant de monde dans ce coin de Gardonenque et de faire découvrir aux néophytes, nos traditions axées sur la course camarguaise. Le festival permet peut-être ainsi de faire venir de nouveaux

 

afeciouna aux arènes. Nous avons la satisfaction d'avoir gagné le pari de remplir les 3 salles mises à disposition du public, évalué au nombre de 1500 personnes ; la satisfaction, durant 3 jours, de voir affluer les gens de bouvine à St Géniès, mais aussi d'autres, qui viennent des 4 coins du Languedoc et de Provence. Le temps clément étant de la partie, la fête fut encore plus belle, notamment pour la magnifique présentation des 12 manades qui ont conduits l' abrivado et bandido durant le week-end. Ce fut une nouvelle fois la fête des films, mais aussi celles des photographes et peintres. Nous avons noté cette année la participation de jeunes vidéastes plein de talent : un encouragement pour les festivals à venir !

 

 

Indéniablement, le temps fort de cette 11ème édition fut la présentation du film Au-delà du raset, retraçant la carrière et la jeunesse difficile de Sabri Allouani... Instants d'émotion lorsque celui-ci raconte ces moments difficiles. Et c'est d'ailleurs sur une ovation que se termina ce film : les auteurs avaient visé juste ! Le film Le 17 fut aussi apprécié à sa juste valeur, sans doute parce qu'il met en scène deux acteurs inoubliables de la course camarguaise : Barraïe et Christian Chomel : un vrai régal !

 

Le festival ne fut pas que cela, rares sont les films qui n'ont pas été applaudi ; à chaque séance, il y a eu des temps forts, les amateurs ont largement porté leur pierre à l'édifice et si Aigues Mortes de Henri Vigne l'a emporté les douze autres vidéastes ont également su mettre en valeur la richesse de nos traditions.

 

Au fil des ans, le festival a atteint ses lettres de noblesse et fait retrouver à St Géniès l'amour du taureau et de l'homme en blanc.

 

K.V. : C'est ta première participation au concours et au festival. Peux tu nous dire ton ressenti sur la manifestation en général et sur le concours en particulier (retours du public, du jury, films concurrents...) ?

 

Laurie LASSALLE, étudiante, participante au concours de films amateurs :

 

En fait, c'était même mon premier festival de film. C'est un hasard ou une coïncidence, je ne sais pas. J'en ai eu un sentiment très étrange et très mélangé, comme toutes les premières fois peut-être! D'autant plus que le film a été reçu avec une certaine ardeur, une bonne moitié du public a hué le film et une autre petite moitié applaudissait avec des "bravos"... Je ne sais pas comment on peut réagir à ça. Mais faire un film, c'est du travail et du temps, je tenais à le défendre, même devant un public hostile. Ce que je crois, j'ai essayé de faire. Je n'ai pas vu tous les films, mais la programmation m'a semblé assez hétéroclite, des films de tous genres sont projetés ce qui rend ce festival intéressant. Je crois que mon film était un peu hors circuit par rapport aux autres, et en même temps l'idée de montrer le taureau par son absence, de faire sentir son corps par le son, par le regard que les spectateurs portent sur lui, par le mouvement des razeteurs, et la représentation que des jeunes peuvent s'en faire, m'était apparu comme des choses significatives et fascinantes.

 

Votre région est fascinante par son mélange des cultures et des individus, autant que par ses traditions. Et je crois qu'elle gagnerait à s'ouvrir un peu. Car pour moi, préserver les traditions, c'est aussi les faire découvrir à d'autres; apporter un autre regard dessus. C'est pour toutes ces raisons que je me suis intéressée à vos traditions, et que je suis en ce moment même en train de monter un documentaire de 50 minutes sur la pratique de gardian et l'univers de la fe di biou...
Après les projections, j'ai rencontré beaucoup de gens (certainement quelques-uns qui me huaient dans la salle) qui m'ont remerciés ou félicités, et notamment certains membres du jury qui m'ont beaucoup émue.

 

Ce qu'on peut dire c'est que "Tau" a fait réagir, et après tout tant mieux, je crois qu'il n'y a rien de pire que l'indifférence.

 

K.V. : Prévois-tu de participer l'an prochain ?

 

Je ne sais pas encore ce que je ferai demain, alors pour l'année prochaine ! Mais peut-être que je proposerai à François de Luca une version courte de mon futur documentaire. 

 

K.V. : C'est ta deuxième participation au festival. Cette année, tu as remporté le premier prix... Tes impressions ?

 

Henri Vigne, vainqueur du concours de films amateurs :

 

Ce onzième festival a été particulièrement réussi, il y a eu beaucoup de monde. Mon film a été apprécié par tout ce public, de plus en plus nombreux. Je pense que nous tous, participants à ce concours, sommes tous gagnants grâce à la chance qui nous est donnée de les présenter devant ce public, sur ces grands écrans. Je travaillais sur le film sur le Plan d'Aigues-Mortes depuis deux ans. Quelques fois, des images nous manquent et les projets ne peuvent aboutir.

 

Pour l'an prochain, je n'ai pas encore d'idée, en ce qui concerne le film que je présenterai pour le concours. On part à l'aventure et en fonction de ce qui se passera dans les arènes...

 

J'aimerais aussi beaucoup travailler avec François de Luca sur la réalisation de films hors concours. Pour moi, le festival est un excellent moyen de faire connaître notre passion, de pérenniser notre culture et ce, grâce aux archives d'images dont il regorge depuis 11 ans.

 

 

Dernière mise à jour de cette rubrique le 15/03/2008

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